

Le 11 octobre 1986, le président américain Ronald Reagan arrive à Hofdi House, à Reykjavik, en Islande, pour un sommet avec Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général de l'Union soviétique, afin de discuter de la réduction des armements nucléaires.
À la surprise de Reagan, Gorbatchev propose l'élimination de toutes les armes nucléaires dans les deux pays d'ici 1996, une élimination que Reagan a toujours souhaitée. Les deux parties, composées d'experts et de militaires, passent les jours suivants à mener des discussions tendues sur les termes d'un traité. Les conseillers américains expliquent à Reagan que son Initiative de défense stratégique (IDS), également connue sous le nom de programme « Guerre des étoiles », serait menacée. Comme l'exigent les Russes, si le traité est signé, le développement futur du système de défense antimissile spatial, qui militariserait de facto l'espace, devrait être confiné dans les laboratoires. Reagan et son équipe s'opposent à cette limitation, craignant de perdre le financement de l'IDS, d'un montant de 3 milliards de dollars, approuvé par le Congrès.
Par ailleurs, la délégation américaine apprend que le FBI a lancé l'opération « Ill Wind » afin d'enquêter sur le financement des partis politiques, et notamment du Parti Républicain de Reagan, par les fabricants d'armes. Sous la pression des lobbyistes et des industriels de l’armement, Reagan refuse la proposition de Gorbatchev, conscient que cela signifie la fin de son rêve d'éliminer les armes nucléaires.
Les transcriptions américaines et russes du sommet ont été déclassifiées, ce qui permit à l’auteur de connaitre les termes exacts employés par les deux dirigeants. Elles permirent également d'expliquer pour la première fois pourquoi ce sommet, pourtant si médiatisé, s'est soldé par un échec retentissant, malgré la volonté commune des deux leaders. Tout cela nous montre comment le complexe militaro-industriel, lié aux politiciens américains, contrôle le gouvernement des États-Unis.


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Philippe Diaz
Philippe Diaz est un scénariste, réalisateur de films de fictions et documentaires engagés, tels « La Fin de la pauvreté ? » ou « I Am Gitmo », son dernier film de fiction sur l'utilisation de la torture à Guantànamo. Il reçut de nombreux prix dans les festivals internationaux. Il est aussi producteur de films ayant commencé sa carrière en France, où il a produit les films de nombreux auteurs, tels Juliet Berto, Léos Carax, Tony Gatlif, Nicolas Klotz, et bien d'autres, avant de partir s'installer aux États-Unis, où il vit depuis 35 ans. Là il a créé un studio de production et distribution de films, principalement sociopolitiques : Cinema Libre Studio, qui a à ce jour distribué plus de 200 films. Il est aussi écrivain, son dernier livre : « Jean Meslier, Curé Athée et Anarchiste pour le 21ème Siècle » a été publié par L'Harmattan.
